Ils m'ont inspiré : Céline
Posté le 05.12.2007 par menacesdamour

Quand tu me tiens...
Comme beaucoup de gens de ma génération, because son antisémitisme, j’ai découvert Céline en dehors de l’école et sur le tard.
J’ai jamais trop voulu m’intéresser à l’homme, pas lu sa bio par exemple. Sûr, pour un « anti-ses-mites », monsieur Destouches paraît au contraire assez miteux. J’en reste donc à Céline, l’écrivain Et alors là, la vache !
Un étalon de la littérature celui-là. Comment qui te crache sa semoule. Attention la mitraillette ! Quand le Louis te canarde avec ses mots t’en prends plein la gueule, y a pas d’aut’ mot. Des fois même t’en implore : arrête Ferdinand ! je suis à bout, j’en oublie de respirer, stop, faut que je m’reprenne…
Ca fait quatre pages que ça dure, tu te dis qu’y va bien finir par se fatiguer pépère, qu’il a plus rien dans sa lance. Penses-tu! T’as pas encore eu droit au bouquet final. Et ça repart. Ce mec a inventé en écriture l’équivalent des effets spéciaux. Quelles cascades, les mots s’affolent, dérailllent, ça dézingue à toute birzingue, de toutes les couleurs, de toute ces belles sonorités des faubourgs de mon enfance (surtout dans Mort à crédit) Soudain, comme le gosse émerveillé que j’ai été je ne suis plus moi, je suis l'autre, je suis lui, je suis son univers. Y me désintègre le salaud. Mais ouf, vl’a la fin d’un chapitre qui s’annonce, on va pouvoir s’arposer. Tu parles Charles! Le temps d’une page blanche, t’as à peine eu le temps, toi, de te rebecqueter un peu, que le Louis, lui, il a déjà rechargé son stylo et renfourché sa plume.
Oh misère ! mon Ferdinand, si je veux pas que tu me tiennes comme ça, faut plus j’ouvre tes bouquins…
Tellement marqué, hanté par ça, je n’ai pu faire apparaître ce zigue que furtivement, au détour d’une page.
(Extraits du livre)
… Encore alanguie sur le canapé-lit, Claire battit des paupières.
― Reste encore un peu demanda t-elle.
En guise de réponse, Béatrice s’assit à côté d’elle et lui effleura le cou d’un doigt paresseux.
― Il te faudra mettre un foulard pendant quelques jours murmura t-elle en souriant. Elle passa sous silence les ombres bleues qui marquaient aussi ses fins poignets.
Claire Keller se redressa sur les coudes, dévoilant cette belle absence de poitrine piquetée de tâches de rousseur.
― Reste ! réitéra t-elle. Je voudrais te lire un truc. Sans attendre la réponse, elle fit volte-face et ramassa le livre qui gisait écartelé à l’envers sur la moquette. Elle attaqua aussitôt d’une voix un peu cassée.
― Ecoute ça : « Faut les amuser encore plus… toujours davantage… pour moi c’est pas gagné du tout… les filles se retroussent jusqu’aux oreilles… ça c’est de la vrai faridon !… Cascade, Prosper tapent des mains… Ils ravivent la bamboula… En avant les dames ! Jambes en l’air… le grand cancan de la Boum Dié ! Taraboum dié !… Puis la farandole ! … Les flics ont de quoi se divertir… Ils voient plus que des pantalons… des mottes tous poils dans les dentelles… La craquouse là qui sautille… Taraboum dié ! Juste au ras des chasses ! … Avec la fumée d’alcool… c’est brouillant, éberluant… »
― Céline : « Le Pont de Londres », n’est-ce pas ? l’interrompit Béatrice, de peur que cela ne s’éternise.
― Oui ! Je le découvre, seulement maintenant, dit Claire comme à regret. Tu aimes ?
― Quoi ? Tu veux dire ce passage précisément, l’étourdissante et dérisoire ferveur de jouir de l’instant quand l’envie d’un ailleurs te tarabuste ?
― Non, enfin je voulais dire…
― Qu’est-ce que tu voulais dire ? appuya Béatrice d’un air las. Qu’est-ce que t’y connais à tout ça ?…
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très intéressant
Posté par
Juliette Rebello le 27.01.2008
Je lis votre blog depuis un moment, et je voulais juste vous donner le lien de mon blog, au cas où ça vous intéresserait. Bonne continuation !
http://julietterebello.wordpress.com/
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