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Nom du blog :
menacesdamour
Description du blog :
Littérature et digressions d'un auteur de premier roman, légèrement manipulé par ses personnages
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
18.10.2007
Dernière mise à jour :
10.10.2009

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Extrait : amour, à mort...

Extrait : amour, à mort...

Publié le 22/12/2007 à 12:00 par menacesdamour
Extrait : amour, à mort...


… La voiture pénètre bientôt dans l’ombre touffue du bois. Les premiers arbres passés, l’étudiant arrête la Mercedes sur le bas côté, il coupe les phares, le moteur. Il fait nuit noir, pas un bruit, personne. Les deux garçons descendent pisser à la lueur des lanternes de l’auto restées allumées. Sans les voir, elle les entend plaisanter en éructant. Les revoilà, ils reviennent, la chemise sortie, la braguette encore ouverte. Les deux portières s’ouvrent quasiment en même temps, le froid s’engouffre dans l’habitacle, et sous la lumière du plafonnier, elle distingue les traces embuées de leurs haleines encore chargées d’alcool.
Cardelle interpelle soudain son pote en hochant la tête : « Eh Manu ! Elle te dit pas ma copine ? » Béatrice n’a d’autre défense que de fermer les yeux…

… Avec Philippe justement Béatrice avait du mal à cerner son histoire. Qu’avait-elle partagé avec lui, que restait-il de leur union ? Charmant, attentionné, il y avait toujours eu chez lui comme une sorte d’incapacité à la moindre violence qui en faisait un homme gentil, mais sans passion. C’était pourtant cette tranquillité là qui l’avait attirée vers lui. Il n’était guère porté sur le sexe et elle lui en avait été reconnaissante. Ils avaient ainsi vécu ensemble, confortablement, une vie sans risque, sans excès de désir ni de déception, ce qui lui avait permis à elle de se lover dans sa coquille sans jamais avoir à lui fermer la porte de son intimité…

… Le soir venu, elles rentraient fourbues de leurs séances d’entraînement. Après la douche, elles contemplaient leurs corps enfin au repos, lisses et durs comme le marbre et il leur arrivait souvent de reprendre leurs joutes sur le sofa. Béatrice prenait en général le dessus. Bientôt assise sur sa partenaire allongée, elle l’immobilisait en disant : « Dis-moi que je te fais mal » Tandis qu’elle n’obtenait qu’un non saccadé et rieur, elle insistait, en serrant plus fort : « Dis-moi que je te fais mal, allez demande pardon. » Quand un début de larmes venait brouiller la vue de la fille inerte, quand un ultime râle réclamait sa clémence, à ce moment là seulement, avec jouissance elle lâchait prise…

… Fendue, rejetant en arrière sa magnifique crinière noire d’un coup de rein rageur, la fille se montra particulièrement ardente dans ses ultimes va-et-vient. Et quand la drôlesse, échevelée, fumante, simula l’anéantissement final, rendant l’âme dans un soupir tout à fait convaincant, l’assistance applaudit à tout rompre. Les billets tombèrent, Andro les ramassa et les tendit à l’artiste.
Totalement électrisée, Béatrice s’agitait sur sa chaise, encore sous le coup de l’atroce exercice auquel elle venait d’assister. Cela dépassait en intensité les intimes plaisirs auxquels elle s’adonnait sous l’effet de ce qu’elle appelait pudiquement ses vitamines. La chose prenait là une dimension d’elle insoupçonnée, collective et vengeresse. Car tandis que la petite singeait l’amour, elle avait vu le regard des hommes, vu comment ils étaient là, à ses pieds, bavant ! Et quelque chose de fort, jusqu’ici inconnu, l’avait traversée de la plante des pieds jusqu’à la racine des cheveux.
Elle admirait celle qui sans retenue avait fait face, mettant tous ces machos sous sa coupe. Ah, de quels perfides et formidables artifices elle avait su user ! Lumière et lucre, torture brutale et dosée, désirs inassouvis, convergence des concupiscences, stupide turpitude d’hommes terrassés là par un sexe en creux brandi comme une arme. Ce théâtre de la petite mort annoncée la laissait haletante…




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