Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog


Nom du blog :
menacesdamour
Description du blog :
Littérature et digressions d'un auteur de premier roman, légèrement manipulé par ses personnages
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
18.10.2007
Dernière mise à jour :
10.10.2009

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Digressions (13)
· Ecrire !... (3)
· Extraits du livre (7)
· Ils m'ont inspiré... (7)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or menacesdamour
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· Extrait : du beau, du moche dans le paysage...
· Bienvenue sur ce blog...
· Ils m'ont inspiré : Blaise Cendrars
· Comment mon histoire m'est-elle venue ? ...
· Ils m'ont inspiré : Albert Marquet

· Ils m'ont inspiré : Céline
· Ils m'ont inspiré : Luis Buñuel ( Belle de jour )
· Ils m'ont inspiré : Dostoïevski
· Extrait : l'argent...
· Ils m'ont inspiré : Egon Schiele
· Ils m'ont inspiré : Gustave Flaubert
· Extrait : quelques crimes par ci par là...
· Extrait : amour, à mort...
· Ecrire ! moi ?
· Le couteau suisse !

Voir plus
 

Statistiques 31 articles


Derniers commentaires

félicitations!h ttp://francoisea zoulay.centerblo g.net.centerblog .net...
(Voir la suite)
Par Françoise , le 27.09.2009

en surfant sur le net je suis tombée sur cet excellent blog. bonne continuationhttp ://coquelicot200 7.centerb...
(Voir la suite)
Par Nadia, le 31.08.2009

bonsoir, un petit tour sur ton blog, que j'aime bien et que j'aprécie beaucoup,bonne continuation pour ton blo...
(Voir la suite)
Par robert, le 09.06.2009

bonsoir, avec des amis, nous avons créé un blog qui a pour but de promouvoir tous les écrivains de la toile. ...
(Voir la suite)
Par Hazel, le 18.05.2009

alléchant ce texte et on ne pas dire qu'il n'est pas d'actualité ! c'est un costume sur mesures pour monsieur...
(Voir la suite)
Par Novick, le 18.12.2008

cher titus c'est en fouinant sur internet que je suis venue me poser sur votre blog ! tel un cygne muet d...
(Voir la suite)
Par Novick, le 18.12.2008

le doute, la joie, la résignation, l'envie de continuer l'aventure... qui n'a jamais connu ces émotions à la l...
(Voir la suite)
Par François d\'Assise, le 13.02.2008

je lis votre blog depuis un moment, et je voulais juste vous donner le lien de mon blog, au cas où ça vous int...
(Voir la suite)
Par Juliette Rebello, le 27.01.2008

bien pour l'atmosphère donnée à l'ensemble. bon ne chance. em....
(Voir la suite)
Par Emilie, le 30.12.2007

bonjour, je te souhaite de bonnes et agréables fêtes de fin d'année avec ceux que tu aimes et qui t'aiment. ...
(Voir la suite)
Par Pierre, le 29.12.2007

bonjour, j'ai parcouru très sommairement ton blog, vu que tu m'y a invité sur le mien. et c'est une bonne surp...
(Voir la suite)
Par Bergamote, le 20.12.2007

à votre avis, quand on se lance dans l’auto-éditio n, faudrait-il avoir commencé son blog promotionnel avant, ...
(Voir la suite)
Par Vagant, le 14.12.2007

les extraits sont convaincants, l’idée est bonne. je me demande si, pour aller plus loin dans le concept de l’...
(Voir la suite)
Par Vagant, le 14.12.2007

françois c'est pas facile de faire un "bébé" mais je vois que sa naissance vous apporte de la joie . bonne c...
(Voir la suite)
Par Rita Pitton, le 09.12.2007

bienvenue dans le monde de l'écriture ! je n'ai fait (pour le moment) que parcourir votre blog, mais j'y retou...
(Voir la suite)
Par Hélène KORWIN, le 09.12.2007

RSS

Recherche
Recherche personnalisée

Blogs et sites préférés

· Sauvons les riches !
· Le Monde de Titus
· "Le brasier" Autre polar à découvrir
· Connivence littéraire
· Rotten tomatoes
· Zone livre : le blog du roman policier
· "Les 400 culs" Le blog d'agnès Giard
· Culture café
· Polars de femme
· Pol'Art noir


Digressions

Rose et noir, osez Renoir !

Publié le 10/10/2009 à 13:07 par menacesdamour
Rose et noir, osez Renoir !
L’auguste peintre Pierre-Auguste qui s'expose au Grand palais entendait, apprend-on, se détacher de l’impressionnisme. Il y réussit en cela qu’il n’impressionne guère !
Du pas trop. Pas trop d’effets de couleurs, ou de lumières, ou de formes ou de construction. Pas trop de lyrisme, de chair ou d’émotions. Du rêve éthéré plutôt. Du léger à l’œil. Des nus comme des nunusses, un peu standards ; des paysages du sud aux couleurs safran, sagement citronnées. Tout est mignon, bien potelé. C’est du joli, mon mignon, froufrouté de pastel et saupoudré de nacre. De belles pâtisseries pour palais sage. Ca vivote avec éclat dans la perspective de ne jamais mourir.
L’expo ? Rien à redire. Bien fait. Avec plein de petites photos jaunies comme des cachous, qui montrent le maître en famille : la Renoir Family, à revoir avec le fils, en Renoir et blanc. Bien, bien ! Pas de problème...
Vous osez le rose ? Osez le Renoir, pourquoi pas…


A mort Madoff, vive Buffet ! ...

Publié le 29/06/2009 à 08:51 par menacesdamour
A mort Madoff, vive Buffet ! ...

Bernard L. Madoff a été arrêté par le FBI le 11 décembre 2008 après avoir révélé aux autorités le caractère frauduleux de ses activités financières. Il apparait alors que 65 milliards de dollars apportés par des clients à sa société de placements n’ont jamais été investis. La manip consistait à rémunérer ces capitaux en puisant dans les fonds nouvellement déposés.
Dans son principe l’arnaque est assez banale, maintes fois utilisée. Ce qui l’est moins c’est le gigantesque processus de développement par lequel Madoff a réussi à imposer son business pendant 48 ans, commencé, dit-on, avec une mise de 5 000 dollars !
Au début il y va mollo. Pas de promesses délirantes, des rendements un peu au dessus de la moyenne tout de même. Il commence par démarcher au sein la communauté juive à laquelle il appartient. On est entre soi : « Aie confiance !" Ca marche. Ca marche de plus en plus même. Madoff à donf ! T'as tout qui monte, les clients, les sommes investies, les rendements ; jusqu’à ce que Bernie devienne un des principaux opérateurs du marché.
S’il reste extrêmement discret sur ses méthodes, l’homme, lui, se hisse sans réserve au rang des notables de Wall Street : président de l’association des sociétés de bourse, puis président du Nasdaq.
Fin des années 90 des gens s’alarment pourtant : « Quand même, toutes ces performances qui montent au ciel ?... » Mais personne n’écoute ces mécréants. Au paradis du pèse Madoff n’est-il pas devenu Dieu ? Même la SEC (Security and Exchange Commission) n’y croit pas et laisse tomber. « Va en paix ! Bernie te bénie. » Et ça continue… Jusqu’au crac de 2008. Là, tout le monde veut récupérer son pognon, tout son pognon ! Bernie alors jette l’éponge. Mais Bernie ne nie pas, que nénni. Bernie les a bernés. Tous !
Il plaide coupable ; on l'embastille.
Dans des révélations étalées à longueur d’interviews à la télé, et reprises dans un bouquin intitulé Vanity Fair Madame Eleanor Squalleri, ex secrétaire de Madoff, en a rajouté une couche. Bien qu’il ait toujours été correct professionnellement avec elle, elle a bien voulu coopérer avec le FBI dans la recherche de la vérité sur ses affaires.
Parce que Bernie protège ses complices le bougre ! Elle en est persuadée. Ah putain ! Association de malfaiteurs ? C’est sûr ça, beaucoup en ont croqué et étaient de mèche. Et il les protège façon mafia. Ah, l’enflure, le salaud ! Tu vas te mettre à table ordure ! Nous donner des noms hein ?
Mais c’est pas tout, Eleanor se doit de révéler autre chose : oui Madoff dépensait sans compter, en plus il aimait les gonzesses que s’en était gênant. Et il allait aux putes ! Sa femme en était malheureuse, vous savez… Oh non ! Là on se pousse du coude, on se met la main devant les yeux. Ah l’infâme ! L’abject individu. Pourriture, ignoble vicelard... Rien qu’à voir sa sale tronche de taulard désormais, on voit bien que c’est vrai. Ouais, bon...
Vous me direz, ça rassure cette ignominie incarnée. Malin le chien ! On peut désormais mettre un visage sur la crise financière, en avoir une image concrète, fixer sa haine sur quelqu’un… Ouais c'est ça, à mort Madoff, à mort ! hurle la populace. 150 ans de prison qu’il a droit ? C’est pas assez ! On devrait inventer la zonzon pour l’éternité avec des monstres pareils...
Bon bin, on tient le méchant. Mais où qu'il est le gentil qui va sortir la finance de cette merde ?
Et là bingo ! Mais oui, mais c’est bien sûr : Warren Buffett. Le plus riche derrière Bill Gates. Fortune évaluée à 37 milliards de dollars. Sa légende est déjà en librairie sous le titre The Snowball: Warren Buffett and the Business of Life, écrite par Alice Schroeder en septembre 2008 « Lorsque vous recrutez quelqu'un cherchez 3 qualités : l'honnêteté, l'intelligence, l'énergie. Si la première manque les deux autres vous détruiront » se plait à rappeler l’homme à qui l’on a passé la tunique de l’ange blanc. Un milliardaire honnête, dans ce cloaque de pourris ? Oui monsieur ! Un homme d’affaires, d’entreprise qui plus est, pas un spéculateur, et qui réalise du 20% l’an sans détrousser son prochain. Conseiller d’Obama et de Schwarzenegger. Généreux donateur aussi. L’anti-Madoff quoi. Une aubaine ! Avec lui Wall Street ne serait donc pas condamnée à aller dans le mur, et ça a fait la une du Newyork Times : A Back to Basics Weekend With Warren Buffett que ça titrait, rapport au grand show tenu en mai dernier devant des milliers de petits porteurs victimes de la crise. Et le Warren, 78 ans, y était en grande forme je vous le dis, secondé par son partenaire Charlie Munger, un jeune de 85 printemps.
Retour aux basics ça veut dire retour aux choses élémentaires. Le simple bon sens au détriment de l’intelligence compliquée. « T’as un QI de 150 ? Revend 30 points à quelqu’un d’autre » lance Warren en se marrant. Les victimes, dont on a dû placer les plus esquintés aux premiers rangs comme dans un théâtre aux armées en temps de guerre, esquissent un sourire malgré leurs graves blessures au portefeuille. Et Pépère qui a senti la salle se chauffer de poursuivre en fustigeant ces trucs compliqués introduits dans la finance. « Si vous avez besoin d’un ordinateur pour calculer la valeur de ce qu’on vous propose, lâchez l’affaire ! » qu’il balance. « Tous ce fatras mathématique, ces courbes, ces modèles, c’est de la blague, de l’enfumage, enseigné aux jeunes dans les écoles parce qu’il faut bien leur apprendre quéqu’chose » Là, même les gazés de la catastrophe boursière doivent franchement se gondoler. Ca leur botte au poil ce discours aux vétérans du flouz. Virez-moi tous ces trous du cul de jeunes diplômés qui ont cru pouvoir apprendre à leurs pères à faire des gosses. Y nous ont juste envoyés au casse-pipe avec leurs conneries ; faut redescendre sur terre ! Pas vrai Charlie ? Voilà le message. L’ancien se les met définitivement dans la poche en jouant les modestes : « Et les gars, croyez pas, je suis comme vous. J’me suis pas couvert de gloire en 2008. » Et pour cause, même s’il lui en reste un bon paquet, avec la crise ses actifs ont baissé de moitié à Papy Monnaie. Les petits épargnants reprennent espoir. On danse mentalement devant le Buffett, le moral revient. Ouais peut-être que comme ça nos plans de retraite ne seront pas tout à fait nazes, se disent-ils. Enfin, peut-être ? Papa Warren avec ses airs de Père Noël n’a rien apporté dans sa hotte. Mais il leur a indiqué un chemin. Certains se voient déjà regagner leur maison de retraite en Floride avec le ticket de pension à jour, d’autres retrouver la pêche au gros et le golf ? Yes we can ! que ça fait dans leurs têtes.
Enfin !...
Bien sûr que tout ce barnum hollywoodien, le bon, le mauvais, l’ange et le démon, ça paraît simpliste. Bernie a sans doute eu beaucoup de complices, nécessaires pour qu’une telle arnaque fonctionne sur une si longue durée. Les qui savaient, les qui ne voulaient pas savoir, et puis tous les autres, les petits suiveurs naïfs qui en perdant sont devenus des salauds de pauvres. De l'autre côté, pour gérer sa fortune, le Warren ne fait pas dans l'aussi simple qu'il veut bien le dire.
Pourtant la crise ramenée ainsi médiatiquement à deux acteurs mis sur le devant de la scène permet de canaliser l'opinion, pendant que d'autres quittent le théatre d'ombre par la coulisse.
C’est vrai ça : à mort Madoff, vive Buffet qu’on vous dit…

Ah la crise ! Mise en scène à l'américaine...

Publié le 25/05/2009 à 08:07 par menacesdamour
Ah la crise ! Mise en scène à l'américaine...
(Ci-dessus : NBC-American gladiators.)
[SIZE=14][FONT=Optima]
Première semaine de mai 2009. Il bruine depuis trois jours sur San Francisco. Alors ce matin je m’étire histoire de faire passer le breakfast. Pénard rime avec plumard, télé, canards…
Télé ! Y a pas zapping, NBC d’abord. J’aime bien parce qu’y passent de la bonne daube. Des shows notamment, d’excellente tenue où des gens ordinaires viennent se surpasser. Pas des trucs de pédés où faut faire le malin bien callé derrière son pupitre, genre Questions pour un champion. Non ! Des vrais challenges, comme dans American Gladiators ou The Biggest Loser. Dans la première émission, des jeunes, sportifs faut dire, doivent se mesurer au cours d’épreuves physiques avec une équipe de pros, des mecs et des nanas, montagnes de muscles gonflés comme des pneus de camions. Et dès fois ça le fait ; en rusant, ou en étant plus rapides, les p’tits jeunes arrivent à les niquer au poteau. Extra ! Dans l'autre émission au contraire c’est des gros, mais alors des gros ! Genre chambre à air autour de la taille et démarche de pingouin. Là l’épreuve c’est qu’ils doivent maigrir, en se remettant à faire des pompes, des abdoms, du tapis roulant, et en réduisant leur bouffe que s’en est impressionnant. Après un temps c’est celui ou celle qui a perdu le plus, ... qui gagne !
Mais y a aussi les news sur NBC. J’aime bien, à cause des présentateurs : Barbie, le fiancé de Barbie, et tous les autres autour d’eux. Blacks, blancs, jaunes, latinos, tous au look Newyorkais Upper East Side, hachement intégrés.
Ce matin on a droit au Président qui a expliqué en conférence son plan de relance. Je suis scotché comment il assure ! A la fois souple et droit dans ses bottes, costar et gestes sobres, articulation impeccable. Comparé à notre nain, j’en reviens pas... Le regard fait bien un peu essuie-glaces de gauche à droite, ça doit être pour mieux capter l’auditoire. Les mauvaises langues sur Fox news disent que c’est plutôt pour capter les prompteurs. Ah la mauvaise foi !
« Monsieur » Obama donc, attaque direct : les programmes. Ouais. Là faut expliquer ce qui différencie les américains des français. Nous autres, face à la crise, on pense : faut changer le système ! D'accord, mais comment, par quel bout le prendre ? Difficile à dire vu que le système est un truc dans lequel tout est dans tout et réciproquement. Mais bon ! On tient le concept ; c’est important le concept. Les amerlocs, eux, qui n’ont pas notre puissance de réflexion, pensent tout de suite action, programmes de mise en œuvre. Ainsi l’Homme Grand commence, très clair. C’est simple annonce t-il, l’ensemble de l’action publique se divise en quatre types de programmes : 1°) Ceux qui n’ont jamais servi à rien : Out ! 2°) Ceux qui ont servi un jour à quelque chose, mais qui n’ont plus de sens : Out ! 3°) Ceux qui servent encore, mais qui doivent être poursuivis de façon plus efficaces : A revoir ! 4°) Ceux qui n’existent pas encore et qu’il va falloir engagés dare dare. A chaque idée clé succède une illustration. Net, synthétique. Pour les détails, c’est le big boss, alors il renvoie aux Secrétaires d’état. Terminé. Rideau. La grande classe.
Pub ; je zappe sur ABC. Une autre blonde façon working girl annonce tout à trac : « Eleanor Squalleri, qui a été la secrétaire de Bernard Madoff durant 20 ans a décidé de rompre le silence. » Oh la vache !
Mais c’est quoi au juste l’histoire avec Madoff ? On me rencarde.
Bernard L. Madoff a été arrêté par le FBI le 11 décembre 2008 après avoir révélé aux autorités le caractère frauduleux de ses activités financières. Il apparait alors que 65 milliards de dollars apportés par des clients à sa société de placements n’ont jamais été investis. La manip consistait à rémunérer ces capitaux en puisant dans les fonds nouvellement déposés.
Dans son principe l’arnaque est assez banale, maintes fois utilisée. Ce qui l’est moins c’est le gigantesque processus de développement par lequel Madoff a réussi à imposer son business pendant 48 ans, commencé, dit-on, avec une mise de 5 000 dollars !
Au début il y va mollo. Pas de promesses délirantes, des rendements un peu au dessus de la moyenne tout de même. Il commence par démarcher au sein la communauté juive à laquelle il appartient. On est entre soi : « Aie confiance !" Ca marche. Ca marche de plus en plus même. Madoff à donf ! T'as tout qui monte, les clients, les sommes investies, les rendements ; jusqu’à ce que Bernie devienne un des principaux opérateurs du marché.
S’il reste extrêmement discret sur ses méthodes, l’homme, lui, se hisse sans réserve au rang des notables de Wall Street : président de l’association des sociétés de bourse, puis président du Nasdaq.
Fin des années 90 des gens s’alarment pourtant : « Quand même, toutes ces performances qui montent au ciel ?... » Mais personne n’écoute ces mécréants. Au paradis du pèse Madoff n’est-il pas devenu Dieu ? Même la SEC (Security and Exchange Commission) n’y croit pas et laisse tomber. « Va en paix ! Bernie te bénie. » Et ça continue… Jusqu’au crac de 2008. Là, tout le monde veut récupérer son pognon, tout son pognon ! Bernie alors jette l’éponge. Mais Bernie ne nie pas, que nénni. Bernie les a bernés. Tous ! Il plaide coupable ; on l'embastille.
Retour en studio. Comme promis, assise en face de la journaliste, M’ame Squalleri est là. Brunette à cheveux courts d’un certain âge, mais bien conservée. Sanglée dans son petit blazer bleu, elle confirme : elle a décidé de tout dire sur son ex boss, dans un bouquin. « Vanity Fair » ça s’appelle. Elle s’explique. Bien que Madoff ait été toujours correct professionnellement avec elle, elle a bien voulu coopérer avec le FBI dans la recherche de la vérité sur ses affaires. Parce que Bernie protège ses complices le bougre ! Elle en est persuadée. Ah putain ! Association de malfaiteurs ? C’est sûr ça, beaucoup en ont croqué et étaient de mèche. Et il les protège façon mafia. Ah, l’enflure, le salaud ! Tu vas te mettre à table ordure ! Nous donner des noms hein ?
Mais c’est pas tout, Eleanor se doit de révéler aut’chose : oui Madoff dépensait sans compter, en plus il aimait les gonzesses que s’en était gênant. Et il allait aux putes ! Sa femme en était malheureuse, vous savez… Oh non ! Là on se pousse du coude, on se met la main devant les yeux. Ah l’infâme ! L’abject individu. Pourriture, ignoble vicelard... Rien qu’à voir sa sale tronche de taulard qu’on nous montre maintenant, on voit bien que c’est vrai. Je sais pas ce qui me retient de cracher sur le poste.
T’emballe pas, je me dis tout de même. Ca rassure cette ignominie incarnée. On peut désormais mettre un visage sur la crise, en avoir une image concrète, fixer sa haine sur quelqu’un… Ouais c'est ça, à mort Madoff, à mort ! 150 ans de prison qu’il a droit ? C’est pas assez ! On devrait inventer la zonzon pour l’éternité avec des monstres pareils... Bon !
Maleureusement, même pendant l’horreur le business doit continuer, faut bien. Alors pub ! Encore ? Ah non, marre, j’éteins la téloche, perplexe...
Car j’me dis, c’est pas le tout d’avoir un méchant dans le casting ; mais où qu'il est le gentil qui va nous sortir de cette merde ?
Et là bingo, y se trouve dans le canard ! Mais oui, mais c’est bien sûr : Warren Buffett. Le plus riche derrière Bill Gates. Fortune évaluée à 37 milliards de dollars. Sa légende est déjà en librairie sous le titre The Snowball: Warren Buffett and the Business of Life, écrite par Alice Schroeder en septembre 2008 « Lorsque vous recrutez quelqu'un cherchez 3 qualités : l'honnêteté, l'intelligence, l'énergie. Si la première manque les deux autres vous détruiront » se plait à rappeler l’homme à qui l’on a passé la tunique de l’ange blanc. Un milliardaire honnête, dans ce cloaque de pourris ? Oui monsieur ! Un homme d’affaires, d’entreprise qui plus est, pas un spéculateur, et qui réalise du 20% l’an sans détrousser son prochain. Conseiller d’Obama et de Schwarzenegger. Généreux donateur aussi. L’anti-Madoff quoi. Une aubaine ! Avec lui Wall Street ne serait donc pas condamnée à aller dans le mur, et ça fait la une du Newyork Times : A Back to Basics Weekend With Warren Buffett que ça titre...
C’est rapport au grand show qu'il a tenu devant des milliers de petits porteurs victimes de la crise. Et le Warren, 78 ans, y était en grande forme je vous le dis, secondé par son partenaire Charlie Munger, un jeune de 85 printemps.
Retour aux basics ça veut dire retour aux choses élémentaires. Le simple bon sens au détriment de l’intelligence compliquée. « T’as un QI de 150 ? Revend 30 points à quelqu’un d’autre » lance Warren en se marrant. Les victimes, dont on a dû placer les plus esquintés aux premiers rangs comme dans un théâtre aux armées en temps de guerre, esquissent un sourire malgré leurs graves blessures au portefeuille. Et Pépère qui a senti la salle se chauffer de poursuivre en fustigeant ces trucs compliqués introduits dans la finance. « Si vous avez besoin d’un ordinateur pour calculer la valeur de ce qu’on vous propose, lâchez l’affaire ! » qu’il balance. « Tous ce fatras mathématique, ces courbes, ces modèles, c’est de la blague, de l’enfumage, enseigné aux jeunes dans les écoles parce qu’il faut bien leur apprendre quéqu’chose » Là, même les gazés de la catastrophe boursière doivent franchement se gondoler. Ca leur botte au poil ce discours aux vétérans du flouz. C’est vrai ça ! Virez-moi tous ces trous du cul de jeunes diplômés qui ont cru pouvoir apprendre à leurs pères à faire des gosses. Y nous ont juste envoyés au casse-pipe avec leurs conneries ; faut redescendre sur terre ! Pas vrai Charlie ? Voilà le message. L’ancien se les met définitivement dans la poche en jouant les modestes : « Et les gars, croyez pas, je suis comme vous. J’me suis pas couvert de gloire en 2008. » Et pour cause, même s’il lui en reste un bon paquet, avec la crise ses actifs ont baissé de moitié à Papy Monnaie. Les petits épargnants reprennent espoir. On danse mentalement devant le Buffett, le moral revient. Ouais peut-être que comme ça nos plans de retraite ne seront pas tout à fait nazes, se disent-ils. Enfin, peut-être ? Papa Warren avec ses airs de Père Noël n’a rien apporté dans sa hotte. Mais il leur a indiqué un chemin. Certains se voient déjà regagner leur maison de retraite en Floride avec le ticket de pension à jour, d’autres retrouver la pêche au gros et le golf ? Yes we can ! que ça fait dans leurs têtes.
Enfin !... Bien sûr que tout ce barnum médiatique hollywoodien, le bon, le mauvais, l’ange et le démon, ça paraît simpliste. Bernie à sans doute eu beaucoup de complices, nécessaires pour qu’une telle arnaque fonctionne sur une si longue durée. Les qui savaient, les qui ne voulaient pas savoir, et puis tous les autres, les petits suiveurs naïfs qui en perdant sont devenus des salauds de pauvres. De l'autre côté, pour gérer sa fortune, le Warren ne fait pas dans l'aussi simple qu'il veut bien le dire.
Sans doute tout cela, mais n’empêche. On ne frappe pas l’opinion avec de grandes idées pleines de complexités. C’est bon dans les romans russes ça, le soir au coin du feu. Dehors dans la vraie vie pour faire bouger les troupes faut des repères tangibles et un peu gros, suffisamment visibles par tous au premier coup d’œil : « Vu l’arbre en boule ? »
Quand on rentre des US, on se dit que c’est peut-être ce qui nous perd nous autres français cet excès de subtilité dans la pensée au détriment de l’action. La représentation collective que nous nous faisons de cette même crise semble n’être qu’une vaste interrogation politico-philosophique sans consistance concrète. Pas étonnant que ça débouche, soit sur un sentiment d’impuissance, soit sur la révolte.
Not’ télé est sans vision, les médias tiquent à représenter les choses. Nos pourris ne sont que des énarques somme toute bons pères de famille par ailleurs, et le Tapie, gentil qui plaisait tant sous Tonton, a tellement viré au nanar boiteux, la tante, qu'il en est plus présentab. Pas valab, tout en nuances tout ça tourne à vide. Yes we can ! ne veut rien dire ici. On pourrait quoi d’abord, où est le modèle ? Faut changer le système qu’on te dit ! C’est ça oui... Trop intellos, trop abstraits, nos élites manient des idées là où les ricains se forgent une représentation collective, sans doute un peu Mickey mais concrète, de l’aventure dans laquelle chacun peut jouer un rôle. Même si c’est dans Américan Gladiator ou dans The Biggest Loser, peu importe.
Yes they can !...

Le Pop est marre... Andy Warhol 2° partie

Publié le 29/04/2009 à 12:00 par menacesdamour
Le Pop est marre... Andy Warhol 2° partie
(Ci-dessus Andy Warhol "Unidentified Man")

Oui, je disais en première partie, bizarre cette ambiguïté que suscite la reconnaissance de l’œuvre de Wharol comme totalement artistique. Quarante ans après, les avis restent très partagés.
Wharol était-il un artiste agitateur, ou simplement un agitateur ?
Un artiste, au départ sans doute. On découvre à travers ses dessins des années 50 son formidable coup de crayon, acquis peut-être sous l’influence de Cocteau.
Mais pourquoi le jeune artiste Andrew Warhola abandonne t-il ce talent de dessinateur, et de peintre aussi, pour devenir Andy Warhol ?
Peut-être parce que son désir d'être célèbre en faisant style prime sur tout autre chose. Warhola l’innocent pubère, devient pubeur. Pour conquérir il lui faut se markéter, se positionner, surprendre, coller au temps et à la société. Celle d’Hollywood et de Coca Cola.
A défaut d'Art, Wharol est un fait de société, miroir de cette société. Et il nous laisse en cela un formidable témoignage archéologique sur son temps et sur la relation qu’a entrenu l’Amérique de cette époque avec l’Art.
Une Amérique matérialiste à l’économie florissante, une Amérique idéologisée aussi, et une Amérique qui entend rompre avec les modèles culturels élitistes européens.
Warhol symbolise l’Amérique matérialiste d’après guerre. Un empire industriel, entreprenant et sûr de lui. Une société dans laquelle le bonheur se confond déjà avec la consommation et où l’atelier devient Factory, Prémonitoire de la globalisation post moderne, elle est déjà faite d’apparences et d’images fabriquées à la chaîne, avec ses locomotives sociales que sont les beautiful people retouchés et sans âme, réduits à leurs dimensions primaires, tout aussi bien qu’une boite de soupe ou qu’une bouteille de soda.
Dans cette modernité conquérante où le sujet vire à l’objet consommable, l’image ne saurait être unique. Elle doit se plier aux nécessités d’une forme stéréotypée. Très trendy, l’Andy a le sens du vent. Il enfourche l’idée ambiante et productiviste du répépète à la chaîne ; allant même jusqu’à préférer l’image de l’image, à l’image elle-même. Car il constate que le clone s’apure de tout parasite au fur et à mesure de sa reproduction mécanique. Fini le glauque, l’imperfection. L’Amérique fait dans le joli, dans l’illusion conventionnelle prête à l’emploi façon Disney ; Andy aussi. Tout cela se sert froid ; pas besoin de réchauffer. Et sans prétention. Take it easy Man ! Flash, flash ! Art, dollars. Ouais...
Fondé of course, sur la technologie, facteur essentiel du progrès. On assiste à une formidable succession d’avancées dans les process comme on dirait maintenant.
Photographie, sérigraphie, photomaton-graphie, cinématographie ralentie, polaroïdo-graphie donnent une suite convergente de portraits robots robotisés. Poupées Barbie et JI Joe se font rectifier le portrait, puis défilent tout lisse et maquillés comme à la parade. Icônisée, la vierge Marilyn, à l’infini sur papier doré. Et tous les autres aussi, stars et big bosses colorisés comme des Smarties. Paillettes, poussières d’étoiles bombardées dans le jeu de miroirs du monde libre éclairé de néons multicolores.
Mais le travail de Warhol est aussi au cœur de l’Amérique idéologisée qui se livre à une complète compète avec le bloc de l'est. Car de l’autre côté du rideau de fer aussi ça icône à plein tube, ça conquiert, ça escalade, ça répépète à toute vibure ; d’une autre manière c’est tout. Les foules ne défilent-elles pas devant l’image fraîchement momifiée du camarade Oulianov, l’idole du komsomole ? Comac, les Cosaques. Passés direct du tsar à la star, les moujiks ont étoilés de rouge faucilles et marteaux. Et bin Warhol voit rouge et bonheur du peuple lui aussi, mais pas avec les mêmes lunettes. Parce qu’entre la boite de soupe chimique au diner et le coup de pied au cul qui t’expédie direct en Sibérie, y a pas photo Man ! Consumérisme contre communisme, tu choisis l’oncle Sam Warhol. Idéo logique, non ? Alors vive les p’tits Mickey…
Et c’est pas tout Mec ! En super Ségala, ce gars-là sait surfer sur tout fait de société porteur d’audience. Et là, ça fait pop, crois-moi ! Pop comme populaire, comme popu, comme populo, donc un brin populiste bien sûr ! Style fini le cubisme, l’expressionnisme abstrait et toutes ces merdes prétentieuses venues d’Europe où que t’y piges que dalle. Aux chiottes cet art élitiste, voici venir Wawa avec des produits frais, fresh ! Toc toc, facile à regarder. Mais plus fashion tout de même que ce réalisme socialiste stalinien vraiment trop plouc. Et alors là, Andy sort son vieux Marcel du placard. ?? Mais non l’ignoble, pas celui-là, le Marcel Duchamp… Et, il lui emprunte quelques trucs qui collent bien avec la situation du moment. Par exemple le « je suis un peintre défroqué » qui plait bien.
En 1965 donc, un peu comme les mémères avaient solennellement jeté leurs sous-tifs aux orties dans une posture quasi anticléricale, la star annonce de même qu'elle renonce à la peinture. Désormais, juré, elle désinvestira l’œuvre d’art au profit d’une dimension complètement entertainment. Pop, pop… Un peu surréaliste tout cela, me direz-vous. Mais oui, l’art de la mise en scène au service de la mise en scène de l’art. Pop, pop…
Et c’est parti, Warhol est sacré le pape du Pop. Ca tombe bien pour Andy parce que le 15 octobre 1965 justement, Paul VI, le pape, débarque à New York pour une visite à l’ONU. Sa majesté Wawa Premier, souverain de tous les poncifs, ne peut rencontrer le souverain pontife. Pas grave, il se lance dans une parodie filmée et bidon : la traversée de NYC par un mec déjanté. Et ça fait un bide.
Le Pape n’est pas mort, mais le Pop, lui, est marre…
Fini. Exit. A partir de là les marchands s’en mêlent. Le frac devient fric, et le marcel revient, cette fois-ci sous la forme de tee-shirts imprimés. Bref comme d’autres étoiles éteintes au firmament du business, Warhol n’est plus que l’ombre de lui-même. Rideau !

Merci Andy pour la merveilleuse histoire de l’Amérique que tu nous as comptée. Elle vaut le coup, même si c’est que du cinoche. Et tu sais quoi ? Ca me donne envie d’acheter la vidéo de la série Mad Men qui se passe justement dans Madison Avenue, bastion de la pub dans les sixtie’s dont certains disaient déjà qu’il était plus à craindre que le communisme...

Les "Chinese Fatties" s'exposent...

Publié le 18/04/2009 à 12:00 par menacesdamour
Les "Chinese Fatties" s'exposent...

Zhang Jianjun http://www.soemo-fine-arts.com/artist?id=796, déjà connu des amateurs de la nouvelle peinture chinoise, abandonne ici ses Subtantial Desires pour de vieux bébés gentiment androgines.

A voir jusqu'au 26 avril, si vous êtes dans le coin.

Galerie Utrecht. 572 Prinsengracht. Amsterdam : http://www.galerieutrecht.nl/


C’est-y de l’art ou du cochon ? Andy Warhol 1ère partie.

Publié le 15/04/2009 à 12:00 par menacesdamour
C’est-y de l’art ou du cochon ? Andy Warhol 1ère partie.
Par un beau samedi de printemps, je sors à midi de l’expo Andy Warhol à Paris…
Pas vraiment bouleversifié je dois-dire. Non, plutôt avec le sourire. Le sourire en coin du mec qui vient de se faire gentiment berluré par un malin dont les tours de passe-passe néanmoins amusent.
Quand même. Malaise Blaise ! C’est-y de l’art tout ça, du grand Art ? Parce que ça s’intitule : « Le grand monde d’Andy Warhol » tout de même ; abrité par le grand Palais en plus. Mazette !
C’est marrant, même après 40 à 50 ans de vieillissement en fûts de chêne, c’est pas l’impression que ça fait d’être vraiment de l’art. C’est peut-être parce qu’on a l’habitude de voir ce genre de trucs plutôt dans les boutiques de posters ; alors forcément, à force on prend ça à la rigolade ?
Je m’engueule intérieurement : « Vieux con, p’tit bourge. » je me dis. Avant d’être aussi catégorique à partir d’une impression faut se rencarder. Ce que j’ai fait en lisant le lourd catalogue de l’expo (367 pages), et d’autres trucs encore…
Alain Cueff rappelle dans le dit catalogue qu’Andy s’auto-proclamait « profondément superficiel ». On aura compris à travers ce slogan à la Ségala, et racheté depuis par Lagerfeld dans sa variante : « Je suis superficiel avec une grande superficie. », que la com a ici toute son importance.
C’est que le Warhol était un homme de pub et ses canards, comme Interview magazine par exemple, lui ont souvent tenu lieu de hall d’exposition. Il a, dit-on, toujours nié la frontière entre l’art et la pub.
Mais on est pas obligé d’être d’accord. Moi je pense que la com et l’art c’est pas pareil. La pub est à l’art, ce que la musique militaire est à la musique, un moyen de mettre tout le monde au pas. Le contraire de l’art. Mais bon…
Alors, c’est-y de l’art oui ou non tout ce mélange pub-art, pur beurre ? S’agissant des « Portraits of the 70’s », d’après un critique de l’époque comme Hilton Kramer, c’en était pas.
Et je m’y retrouve bien dans ce qu’il en disait ce mec. Mêmes impressions : « Lucratifs exercices de dérision. » « Banals clichés altérés par l’application insouciante de couleurs décoratives. »
Faut dire pour expliquer que Warhol a été le peintre des étoiles… Pas celles du ciel, qu’il est con ! Poète va. Les vraies, les stars, les célébrités ou aspirants à la célébrité. Pipoles pipos mis en images comme des bouteilles de Coca, ou des boites de soupe. Tout ça c’est pareil, disait Warhol : "tout est portrait chez moi." Allez, packagez-moi le packaging jeune homme, obtenez-moi l’image de mon image. Et c’est du boulot ! Car se faire tirer le portait par Jean-Andy, dandy manché, revient à se faire tirer. Attention ! Tout est dans la retouche, dans un cosmétique de l’ombre qui préfigure photoshop et la chirurgie esthétique à grande échelle. Aux chiottes Soutine, tu nous bassines avec tes disgrâces qui rendent de l’âme. On veut du lisse au contraire, faut que ça glisse si tu veux dupliquer en masse. Andy, acteur starisé d’une certaine vie newyorkaise ne rechigne pas d'ailleurs à se dupliquer lui-même, chimiquement corrigé en pédale Wawa féminisée ou en War hole (je sais ce genre de calembours ne m'honore pas.)
Oui mais c’est de l’art ou pas ?
Dans l’intention, dans l’esprit de celui qui se sent être un artiste, peut-être ? Mais pas, à mon sens, dans le résultat. Processus, ingrédients, machines à reproduire, ce que fait Warhol relève plus de la fabrication que de l’œuvre. Il y manque l’emprunte attachante d’une main directement reliée au cœur et à l’esprit, sans laquelle l’art n’est que l’ombre de lui même. Ce qui émotionne devant une gravure rupestre ce n’est pas le mammouth ; c’est qu’on se dit : comment un mec à front bas vivant dans une caverne a pu avec sa grosse paluche poilue dessiner aussi finement ce qu’il avait dans le cœur, que toi t’y arriverais même pas ? Ce qui chamboule dans l'art, c’est qu’on se trouve en présence de l’Humanité. Or, dans humain il y a main, tu piges ?
Ainsi quand Christine Albanel, sollicitée en introduction du catalogue, écrit à propos des portraits de Warhol : « Où est l’être derrière l’image, dont la démultiplication nous montre finalement la vacuité ? », j’ajoute : « Et où est l’artiste, derrière le photomaton ? »
Certains pourtant reconnaissent en Warhol l’un des maîtres du pop art. Et dans pop art il y a art. Comme dans modern art, et peut-être aussi comme dans bob art. On va chercher du côté de gens qui ont réfléchi et écrit là-dessus, des pointures genre Cynthia Freeland ou Bernard Lafargue...

A suivre bientôt dans :
C’est-y de l’art ou du cochon ? Andy Warhol 2ème partie.

Les "Hommes de lettres" !...

Publié le 09/04/2009 à 12:00 par menacesdamour
Les "Hommes de lettres" !...
Vous avez remarqué comment chaque domaine d’utilité collective engendre ses accapareurs. La littérature n'y échappe pas.
Ainsi, comme l’argent produit ses hommes d’argent, l’écriture produit ses hommes de lettres.
Ah les hommes de lettres ! En voilà une invention qu'elle est bonne.
Les lettres ne leur appartiennent pas plus que l’argent n’appartient aux hommes d’argent ; simplement ils se les attribuent en se faisant appeler Maître, par corporatisme et syndications de toutes sortes, réseaux, clubs et académies, allant jusqu’à monopoliser ce qu’ils étaient chargés de passer.

On l’aura compris j’aime les livres de ceux qui savent, sans cupidité, rester de modestes passeurs.

"Le Sexe de Proust" 1ère partie.

Publié le 08/04/2009 à 12:00 par menacesdamour
"Le Sexe de Proust" 1ère partie.

"Le Sexe de Proust" ou le trou de balle masqué.
En faisant le ménage, j’ai retrouvé dans un coin de ma bibliothèque un petit bouquin de Stéphane Zagdanski intitulé Le Sexe de Proust, paru en 1994.
Je l’avais acheté à l’époque, je m’en souviens, pour tenter de piger via la glose en quoi le génie proustien m’échappait ; sans succès sans doute, puisque qu’il ne me restait de l’opuscule précité que l’idée que je me faisais de son titre : pour comprendre Proust mieux vallait l'aborder par la queue.
Mais, preuve que l’on peut changer, la relecture de Zagdanski quinze ans après a été un délice. Faut dire que ça déraille à tout va là-dedans, et de toutes les manières, tantôt pédantes, tantôt gaillardes, pour aboutir à la conclusion que le Marcel finalement n’était peut-être pas aussi pédé qu’on veut bien le dire.
Mais pour ça il faut savoir le décoder entre les lignes, dit Zag. Ce qui ne peut être accompli que par un érudit ajouterais-je, vu la difficulté à le lire déjà dans les lignes.
Aussi ai-je abordé le petit ouvrage de Zag en toute confiance, et pris tout ce qui y est avancé pour vrai, sans vérifier. Au diable la méfiance lorsqu’on peut s’abandonner à plus savant, à plus sage que soi. Cela s’appelle la foi mes aïeux !
Pourtant, oserais-je avouer que c’est en puisant chez un autre zig que Zag que la problématique du sexe de Marcel a soudain fait sens en moi. Et qu’on me pardonne si ce zig n’est autre que San Antonio…
Et oui ! les plus lettrés d’entre vous se souviennent sans doute que dans Le Standinge sévit à l’école de police un spécialiste de la balistique affublé du titre de professeur de trou de balle.
Et là, bingo ! ça a fait tilt dans ma p’tite tête.
Mais c’est bien sûr ! Le Marcello n’a t-il pas été lui aussi un formidable professeur de trou de balle ?
Ouais ! Attention, faut voir... Le Marcel n'était pas simple comme type, et peu porté sur la déconne. Une sorte de complexé complexe si on peut dire, qui déclarait comme ça à qui voulait l'entendre qui fallait pas se gourer, que ce qu'il écrivait c'était pas vraiment lui, mais le produit d'un "autre moi". Il a même fait tout un suif contre Sainte Beuve à ce sujet. Enfin bref, y aurait comme qui dirait hiatus entre Proust l'écrivain radieux d'une part et Marcel l'homme plus obscur d'autre part.
Donc, même si l'homme ne détestait pas aller faire quelques cartons en milieux interlopes histoire de vérifier ses théories balistiques, son expertise doit d’abord et avant tout être rattachée à l'écrivain, le radieux. Vous voyez l’embrouille !
Poussant le bouchon plus loin encore, Zagdanski affirme que le Proustovaritch aurait même été franchement hétéro, employant l'expression hétéro dans l’âme. Ainsi s'appliquerait donc la formule de Shakespeare : « C’est sa main, Monseigneur ; mais pas son cœur… » Zag, lui, en appelle à une autre citation encore bien plus ancienne que la mienne. Enoncée par le craquant grec Démocrite, plus plaisant démocrate qu’Héraclite quoi que moins hétéroclite : « La parole est l’ombre de l’acte. »
Conclusion donc : ne pas confondre chez Proust orientations sexuelles et orientations textuelles, posture littéraire et position du gardien de but. Rideau !
Et le masque, me direz-vous. Le masque. Pourquoi trou de balle masqué ?

"Le Sexe de Proust" 2ème partie.

Publié le 08/04/2009 à 12:00 par menacesdamour

En effet, pourquoi Proust se serait-il voilé la face pour mener sa titanesque entreprise d’exploration ?
Mais parce que, comme Zag le démontre, Proust n’était pas homo dans l’âme à une époque où les homos étaient sensés former une société secrète (ah bon ?) S’il s’était avancé à sexe découvert il aurait été grillé. Vous pigez ?
Voir sans être vu, décrire sans prendre parti, c’est à ce prix qu’il a pu dresser le formidable inventaire de son bestiaire littéraire : hétéros, sodomites, homos, invertis, hommes-femmes, Gomorrhéennes, tribades et autres… Et Zag lui, il a l’air de vachement s’y connaître dans toutes ces catégories. Il remonte aux sources mythologiques et tout. Vous êtes sciés comment il explique par exemple la différence entre l’homme-femme et l’homo. Et les tribades alors ! Ces sortes de dick girls avant l’heure. Extraordinaire !
Quand on lit ça on se dit que l'oeuvre de Proust question créatures c’est La Guerre des Etoiles et l’Ile du Docteur Moreau réunis ! Vingt mille lieux sous les nerfs… Et c’est tout à son mérite, dit l’expert, que d’avoir dressé cette nomenclature complexe. Bien plus fortiche et bien plus utile par exemple que celle de Zola, le bougre !
Voilà. L’Illustre en écrivant La Recherche a accompli comme qui dirait une seconde révolution copernicienne. Pas celle qui consiste à se repérer dans l’univers à partir du soleil, non. Celle qui permet d’observer l’espèce humaine à partir d’un autre point fixe, l’anus. Ainsi le trou balle serait à Proust, ce que l’étoile polaire est aux rois mages. Oui, je sais ! Cette formule facile et dérisoire ne m’honore pas.
Quand même, Zag rappelle à juste titre comment Céline regrettait que l’œuvre de son aîné soit ainsi altérée par ces banales « histoires pédérastiques, cette affaire de bains-douches, ces enculages de garçons de bain »
C’est vrai ça ! Alors tout ce talent, toute cette verve créatrice (dont une phrase paraît-il de 24 pages !) se ramènerait à une banale histoire de ségrégation entre trous du cul ? Ca paraît dingue quand même aujourd’hui, au moins pour ce qui relève de la fiction.
Tout de même des dates me reviennent, Proust ne s’est pas masqué que le trou de balle…

"Le Sexe de Proust" 3ème partie.

Publié le 08/04/2009 à 12:00 par menacesdamour

1919, Proust reçoit le prix Goncourt et est décoré de la légion d’honneur. 1922, il achève sa besogne avant de mourir d’une bronchite.
Ecrire l’essentiel d’une œuvre si introvertie, sociologiquement si étroite, au moment même où le monde bascule dans l’horreur de la première guerre mondiale. Fallait le faire ! On l’imagine respirant avec peine dans sa chambrette aux volets clos, virevoltant en songe entre salons cossus et backrooms d’un autre temps, pendant qu’au dehors cette classe dirigeante cupide et imbécile, si bien décrite par lui dans ses petites parties de branlettes, envoie au casse-pipe des millions de braves gens. Peu importe ceux-là qu’ils aient été hétéros, sodomites, homos, invertis, ou hommes-femmes ; tous ont été jetés dans la plus effroyable des boucheries.
Proust, on le sait, a été définitivement réformé en 1915. Néanmoins se peut-il qu’il ne s’aperçoive pas en quoi Zola et la balistique ont rattrapé la société dans laquelle il vit ? Sait-il que le bal des trous de balle est terminé, désormais remplacé par les trous des balles, des vrais trous en pleines têtes, en pleines poitrines ceux-là. Sait-il que les masques sont à gaz désormais parce que dans les tranchées on ne se brûle pas les ailes à cause du sexe, mais les poumons au gaz moutarde ?
Sans doute sait-il tout cela ; en théorie du moins ! Car, même si l’auteur radieux vit enfermé, il s’informe, comme l’atteste le postscriptum de l’une de ses lettres écrites en 1915 à Georges de Lauris : « Si vous avez des “tuyaux” sur la guerre, vous seriez bien gentil de me les écrire en une ligne. Je vis si seul que je ne sais rien. » Il lit aussi, la presse beaucoup, et se documente auprès de « sommités » stratégiques pour alimenter ses écrits. (On peut lire à ce sujet le long article écrit par le Centre Proust de l’Université de Paris-3)
Mais l’homme obscur, lui, que sait-il de ses semblables au combat, de ces humains face à l’inhumanité des tranchées ? Ce qu’il en entend dire peut-être, au hasard des petites séances organisées à Paris rue de l’Arcade avec des permissionnaires ? (un rapport de police daté du 12 janvier 1918 atteste de sa présence.)
Voilà sans doute en quoi La Recherche ne me touche guère, avec son atmosphère de bonbonnière et ses parfums de tisane, réduite au souci d’une intimité édulcorée devenue du même coup douteuse ?
Pardon à Stéphane Zagdanski de l’avoir raillé plus haut, j’ai adoré son livre. Mais bon, on comprendra pourquoi malgré tous ces ronds de jambes et acrobaties de plume, j’étouffe dans l’univers littéraire de Marcel, trop uniquement introspectif. Comme sa piaule, l’œuvre derrière ses tentures stylistiques sent terriblement le renfermé. Tous ces petits marquis peine-à-jouir qui s’agitent comme des marionnettes tout au long des livres ne forment finalement qu’une micro société sans grand intérêt.
Pourtant ce long fleuve qu’est La Recherche traite de l’âme humaine, et la littérature n’est-elle pas la science de l’âme humaine comme l’exprimait Flaubert ? Sans doute.
Et puis il y a le style. Ah ! Le style monsieur…