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Date de création : 18.10.2007
Dernière mise à jour : 22.01.2015
33 articles


Ecrire ! moi ?

Publié le 04/01/2008 à 12:00 par menacesdamour


Dostoïevski annonce ainsi dans Les Frères Karamazov : « dans les rêves,… l’homme a parfois des visions si belles, des scènes de la vie réelle si compliquées, il traverse une telle succession d’événements aux péripéties inattendues, depuis les manifestations les plus hautes jusqu’aux moindres bagatelles, que je te le jure Léon Tolstoï lui-même ne parviendrait pas à imaginer. Cependant ces rêves viennent non à des écrivains, mais à des gens ordinaires… »

Et bien je fais partie de ces gens ordinaires à qui viennent les rêves, et qui s’en délivrent en racontant des histoires.

Car à l’expérience je ne crois pas qu'on commence à écrire simplement par envie (elle n’est jamais assez forte), encore moins par projet (on est alors trop centré sur le désir de réussir). L’écriture relève bien d’une nécessité de raconter, d’un réel besoin. Mais d'un besoin de quoi ?

« Ecrire ne sert à rien, mais c’est peut-être la seule façon de trouver une illusion aux choses de la vie. » dit l’un (Javier Cercas) « Ecrire, c’est le bonheur de tourner le dos à la société » dit l’autre (Jacques-Pierre Amette) Mouais !... Je ne me retrouve pas trop dans cette écriture d’évitement, de retrait du monde. « Le talent se développe dans la retraite, le caractère se forme dans le tumulte du monde. » dit Goethe ; je suis attaché aux écritures qui se sont frottées justement à ce tumulte-là, à la vraie vie. Celle, sucrée, dans laquelle on a mordu à belles dents ; comme celle, amère, qui nous a fait mordre la poussière. L'écriture est une façon de prolonger cela, et d'en livrer une vision plus vraie encore par le truchement de la fiction.

Mais bien entendu que l’écriture m’est aussi un exutoire ! Retranché derrière l’imaginaire, je peux forcer le trait. Par orgueil j’y sublime mes défaites et piétine mes victoires, je porte à la lumière mes parts d’ombre pour mieux les évacuer.

Disons-le, le fait d'écrire ne m'a jamais vraiment bluffé. Pour moi, écrire est sans « objet » au sens propre du terme. Comme on dit, le mot n’est pas la chose. Sartre dans Qu'est-ce que la littérature ? se gausse des « élégants » qui veulent à toute fin « parler littérature » avec l'argot de la peinture par exemple ; et ceux qui disent « ciseler leur écriture » me font sourire, je les soupçonne d’être en manque de reconnaissance. Il n’est qu’à observer le plus modeste des graveurs pour comprendre ce que ciselure précisément veut dire : adresse, dextérité, primauté de la main sur l’intelligence après un long apprentissage, transcendance de la matière. Il y a quelque chose de cet ordre chez l’artiste, qu'il n'y a pas tout à fait chez l'écrivain, parce qu’il lui manque justement le contact avec la matière.

Pourtant l’écriture procure ses joies ; elle devient magique quand elle donne à voir. Mais, comme je l'ai dit plus haut, peut-être faut-il pour donner à voir, soi-même avoir vu, observé, vécu quoi ! Je ne crois guère, ou alors je les plains, ceux qui disent : "En dehors d'écrire j'sais rien faire." C'est comme se vanter de ne pas savoir planter un clou. Ah bon ? Et pour pisser, t'arrives quand même à te la tenir. Eh ducon ! Tu le crois pas ça... L'écriture est une délivrance, pas un enfermement...

Ainsi l'imagination seule, l'écriture seule est rarement féconde. Paul Auster a su merveilleusement jouer de cette relation entre le réel et l’écrit, entre la chose et le mot. Ainsi par exemple dans The New York Trilogy assiste t-on à l’évolution de Fanshawe l’écrivain dont l’acuité visuelle et le sens des mots se fondent peu à peu en un geste unique. « By now Fanshawe’s eye has become incredibly sharp, and one senses a new availability of words inside him, as though the distance between seeing and writing had been narrowed, the two acts now almost identical, part of a single, unbroken gesture.”
Acuité visuelle et sens des mots, s'il y a un auteur français qui les possède à mes yeux, c'est bien Kessel, ici par exemple pour l'art du portrait :

"... Il s'appelait Félix Baïssou... Sa vulgarité était effroyable. Je n'ai jamais rien vu d'aussi abjecte que la bonhomie gluante de son sourire."

"... La vivacité des traits et des mouvements semblaient ceux d'une très jeune femme. Mais il y avait dans la plénitude un peu molle de la chair un aspect de pulpe arrivée à son épanouissement, ..."

(Extraits de La passente du Sans-Souci)